Sortie le 4 octobre dernier en librairie aux éditions Warum, « L’écorce des choses » de Cécile Bidault relate l’histoire d’une petite fille sourde. Une bande dessinée sans bulles dans laquelle l’imagination et la beauté des illustrations prennent le pouvoir.

A neuf ans et demi, l’héroïne de « L’écorce des choses » ne peut compter que sur ses quatre sens : elle est sourde. Difficile de communiquer avec ses parents, de se faire des amis et de ne pas se sentir isolée. Heureusement, il y a des endroits propices aux rêves et des rencontres insoupçonnées. Youbecom est allé à la rencontre de Cécile Bidault, l’illustratrice de cette BD qui nous laisse sans voix.

Youbecom : Dans « L’écorce des choses », vous traitez d’une petite fille atteinte de surdité sévère. Comment l’idée vous est venue d’évoquer ce sujet ?
Cécile Bidault : Je suis fascinée par la langue des signes depuis assez longtemps. Je crois que c’est d’abord à partir de là que je me suis intéressée à la question de la surdité. J’ai ensuite lu Le Cri de la mouette, d’Emmanuelle Laborit, qui m’a beaucoup marqué. Quand j’ai commencé à travailler sur l’Ecorce des choses, le fait que l’héroïne devait être sourde m’est apparu assez naturellement.

Connaissez-vous dans votre entourage des personnes sourdes ?
Il n’y a pas de personnes sourdes dans mon entourage, mais je connais des personnes malentendantes, ou qui ont pu avoir des capacités auditives changeantes, suite à des otites notamment. Je ne sais pas moi-même ce que des capacités auditives faibles peuvent représenter au quotidien, mais c’est une question à laquelle j’ai été sensibilisée.

D’autres illustrateurs ont traité récemment la surdité dans leur bande-dessinée (« Super-sourde », « Tombé dans l’oreille d’un sourd »). Vous en êtes-vous inspirée ?
J’ai adoré Super Sourde, l’album de Cece Bell, qui traite la question de la surdité chez l’enfant de manière très directe et lumineuse. C’était vraiment une de mes références quand j’ai commencé à travailler sur l’écorce des choses. Je ne voulais pas donner des accents dramatiques à mon récit. Mon héroïne cultive sa différence, est curieuse d’apprendre, vit pleinement son enfance. Dans l’oreille d’un sourd, d’Audrey Levier et Grégory Mahieux, s’attache plus au point de vue des parents entendants d’enfants sourds, mais c’est un témoignage précieux de ce que peut avoir à affronter une famille quand elle tient à donner toutes ses chances à un enfant différent.

Était-ce voulu dès le départ de ne pas intégrer de texte dans votre BD ?
Oui, j’ai limité dès le départ l’utilisation du français au strict minimum, parce que je tenais beaucoup à ce que l’album soit accessible pour des enfants connaissant des difficultés dans la lecture de cette langue.

Vous réalisez actuellement un court-métrage d’animation tiré de votre roman graphique. Où en êtes-vous dans ce projet ?
Le court métrage est bientôt fini, j’espère pouvoir le terminer d’ici décembre. J’annoncerai de toute façon sa sortie sur le Tumblr du projet, à cette adresse : http://lecorcedeschoses.tumblr.com

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